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« Mes plus grands succès » Cette compilation des plus grands succès de RAMUNTCHO MATTA, dont les plus vieux datent de 1976 et les plus récents d’il y a un mois, surprendra sans doute les plus naïfs. Encore que… Certains s’étonneront que telle ou telle chanson leur soit inconnue, mais c’est qu’ils auront une conception du temps trop rectiligne. Ce qui est inouï, au sens strict, est souvent le plus beau, comme le disait Shakespeare. Car il y a comme un éternel retour du beau qui ne tient compte ni de la chronologie commune, ni d’aucun savoir.
Qu’est-ce donc qui relie un croquis d’il y a trente ans aux compositions d’aujourd’hui ?
Cette remarque est certes digne d’un physicien post-euclidien, qui aurait pu dire « Si je suis en retard pour un rendez-vous auquel je veux arriver à l’heure, il me suffit de partir d’autre part. » Car le moins qu’on puisse dire, c’est que les chansons de MATTA, même venues d’un passé éloigné, sont tout de même en avance pour tout auditeur un peu attentif.
La petite visite à laquelle nous convie Ramuntcho Matta n’est donc d’aucune façon un exercice de nostalgie, une ballade dans le passé. C’est plutôt une « revisite », si l’on peut dire, le choc plus ou moins aléatoire d’une matière sonore venue d’autre part avec un environnement sonore qui n’est ni moderne ni obsolète, mais cohérent. C’est pourquoi il réveille des morts comme Brion Gysin, John Cage ou Don Cherry, non pour le plaisir un peu vain de « faire des citations », mais pour bien marquer des étapes, quel que soit le sens de la marche.
On trouvera aussi dans cet album des matières réorientées : comme cette chanson autrefois titrée « Tu me quittes », devenue « Tu t’installes ». La boucle est ainsi bouclée. Matta, après avoir perdu la substance de trois ans de travail, sans vraiment partir à la recherche du temps perdu, a retrouvé un or du temps. À consommer tout de suite. Serge Grünberg |
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